La Presse en parle : L’AFA à Roubaix

Apprendre la langue arabe : un « enjeu stratégique »

mercredi 24.03.2010

La Voix du Nord

Les intervenants du colloque au centre Infocom, hier à Roubaix

Avec plus de 500 millions de locuteurs, l’arabe, langue officielle de
vingt-deux pays, …

se situe en cinquième position des langues les plus parlées dans le
monde. « En France, c’est la deuxième langue parlée », rappelle Alfred
Gaillardin, vice-président de l’Association France-Algérie (AFA). Une
réalité ignorée par le système éducatif français, puisqu’elle reste
très peu enseignée dans le secondaire.

Un paradoxe qu’entendaient soulever le Centre culturel du monde arabe
(CCMA) et l’AFA, qui organisaient hier un colloque sur «
l’apprentissage des langues du monde arabe », au centre Infocom de
Roubaix. Ils plaident pour que l’arabe soit davantage enseigné dans
l’Education nationale et au cours de la formation professionnelle.

« Aujourd’hui les gens sont obligés de se tourner vers les
associations ou les mosquées pour apprendre l’arabe. Or, les
professeurs ne sont pas toujours agrégés. Proposer un enseignement
dans les collèges et les lycées permettrait en outre de lutter contre
le communautarisme car l’intérêt pour cette langue dépasse largement
les personnes d’origine arabe », indique Raoul Weexsteen, secrétaire
général de l’AFA.

Atout professionnel

Dans un monde multipolaire et multiculturel, « l’anglais et le
français ne suffisent plus pour communiquer et échanger » , assure
Cherifa Chaour, sociologue et chercheuse en sciences sociales. La
maîtrise de l’arabe peut alors se révéler être un excellent « avantage
comparatif ».

Elle offre de réels débouchés professionnels, des filières
commerciales aux institutions internationales en passant par les
médias. « S’ils veulent rester crédibles, les médias à vocation
internationale doivent diffuser en arabe », affirme Agnès Levallois,
ancienne journaliste à France 24. À l’image de la BBC, qui tire une
plus forte reconnaissance depuis qu’elle diffuse des programmes en
langue arabe. Euronews, puis plus récemment les médias chinois et
russes, ont suivi et se sont lancés dans cette offre.

Il en va aussi de calculs géostratégiques. Faut-il rappeler les liens
de la France avec le Maghreb, mais aussi plus largement avec les pays
arabophones de l’Union pour la Méditerranée ? Et réciproquement, c’est
un « tremplin pour la francophonie. En montrant de l’intérêt pour
l’arabe, on renforce l’intérêt de ces pays à apprendre le français »,
explique Cherifa Chaour. Un système « gagnant-gagnant ».

AMANDA CHAPARRO

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