AFA – Pays d’Auvergne

L’AFA Pays d’Auvergne est présidée par Mireille LACOMBE

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Membre du Bureau national de l’AFA

Chevalier dans l’ordre national du mérite

Chevalier de la Légion d’honneur

Ancienne Conseillère régionale d’Auvergne

Ancienne Vice-présidente du Conseil général du Puy-de-Dôme et membre du Comité des Régions d’Europe

Auteure de plusieurs avis d’initiatives locales, notamment la lutte contre l’illettrisme et le label du Patrimoine Européen, la lutte contre la pauvreté des femmes.

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AFAPA

Table ronde Les Gaules et les provinces romaines d’Afrique (Algérie) à l’époque d’Augustin d’Hippone (du 17 novembre 2015).

Synthèse

           L’histoire universelle du village planétaire oscille sans cesse entre l’émiettement territorial et la concentration du pouvoir. L’Antiquité Romaine révèle un moment singulier où les deux térritoires correspondant distinctivement à la France et à l’Algérie, étaient intégrés à un empire centralisé, nommé Imperium romanum ou Empire romain.

            Notre association, l’Association d’Amitié France Algérie Pays d’Auvergne (AFAPA), a retenu cette époque pour ouvrir des échanges relatifs à l’histoire de nos deux pays (expositions, colloques, conférences, publications, chantiers,…) en partenariat avec tous les intervenants potentiels reconnus par les autorités politiques et intellectuelles.

            La thématique proposée à votre attention est : «Les Gaules et les provinces romaines d’Afrique (Algérie) à l’époque d’Augustin d’Hippone », en somme la période de l’Antiquité Tardive, mal nommée autrefois comme le Bas Empire Romain (IV°-VIII° siècles).

            Cette table ronde a vocation à engager les échanges entre les chercheurs des deux nations pour mettre en commun les informations historiques et archéologiques et pour valoriser le patrimoine qui en conserve la mémoire.

Dans l’attente des orientations, qui seront formulées par le Comité Scientifique, en cours de constitution (archéologues et historiens algériens et français), quelques thèmes spécifiques à la période concernée sont d’ores et déjà soumis à votre appréciation:

- L’évolution de l’urbanisme face au défi des invasions: l’architecture militaire et l’impact des invasions sur l’habitat rural.

 - Les réseaux routiers, le commerce et les pratiques agraires et artisanales.

- Les échanges et la communication face à la montée de l’insécurité : Mise en place et fonctionnement des réseaux civils de la surveillance et d’alerte.

- Le fonctionnement de l’administration provinciale en mode « dégradé » coupé du cordon ombilical avec Rome et ses déclinaisons d’ordre public : la médecine, les monnaies, rôle des évêques aussi principaux administrateurs des villes …

- La transformation de la vie quotidienne civile et du confort domestique ainsi que des objets usuels en fonction des nouvelles pratiques cultuelles, à travers l’étude des collections des musées et des résultats des fouilles les plus récentes.

- Impact de la nouvelle religion chrétienne sur l’urbanisme, l’architecture, la gestion des villes (apparition des évêchés) et la vie quotidienne ;   modification de la vie sociale, des loisirs, compromis avec les anciennes traditions polythéistes en fonction des lieux sacrés.

- La langue officielle, la littérature, la philosophie, les arts, l’éducation au contact des apports des envahisseurs.

- La migration tumultueuse du peuple des Vandales de l’Europe du Nord à l’Afrique du Nord au cours des IV° et V° siècles de notre ère.

            L’époque romaine est assez longue pour une évocation complète et à la hauteur de sa richesse; en effet elle dure autant que ce qui nous sépare de Jeanne d’Arc. Nous avons donc fixé l’ambition du projet au stade de l’Antiquité tardive, époque qui demande à être éclairée, car elle représente un tournant fondamental pour la suite de l’histoire de nos deux pays. L’évolution de nos sociétés et des échanges à tous niveaux offre un champ de recherche et de vulgarisation des plus fertiles et des plus nécessaires pour le rapprochement entre les peuples des deux rives méditerranéennes.

Fig.01: L’empire byzantin au VIe siècle (HMC,2001)

Dans cet objectif se trouvent réunis aujourd’hui d’éminents spécialistes, que nous allons entendre avec intérêt, avant de débattre sur les différentes évocations qui nous seront présentées.

     La synthèse qui en est présenté est réalisée par les coordonnateurs du projet, Younes REZKALLAH et Jean-Claude CLAVAL, en replaçant les propos dans les jalons chronologiques sus-énoncés.

           L’Antiquité tardive (IV°-VIII° siècles) est connue grâce à nos premiers « historiens » Augustin d’Hippone (354-430), Sidoine Apollinaire (430-486), Procope de Césarée (500-565), Grégoire de Tours (539-594), pour les plus connus. L’archéologie, depuis les années 1980, apporte chaque jour des informations nouvelles qui remettent en  question la perception de la vie au cours de cette période.Trois exposés magistraux ouvrent les travaux:

- M. Salim DRICI de l’Université d’Alger II, avec une intervention sur la politique militaire et l’architecture défensive en Afrique Bizantine.

- M. Frédéric TREMENT de l’Université de Clermont-Ferrand, sur la Gaule aux IV° et V° siècles, Bas Empire ou Antiquité Tardive?

- M. Charles GUITTARD, de l’Université de Paris1, qui évoque un problème de géographie historique : comment définir l’Aurès au Bas-Empire ?

            Les échanges avec l’auditoire s’enrichissent des interventions de M. François SOUQ, INRAP, directeur des fouilles archéologiques de la place des Martyre à Alger (Algérie), Mme. Annick STOEHR-MONJOU, Université de Clermont-Ferrand, (Sidoine Apollinaire), M. Jean-Claude POURSAT, Université de Clermont-Ferrand (les échanges en Méditerranée orientale), M. Max VEGA-RITTER (Université de Clermont-Ferrand) et  M. Bernard CLEMENÇON (l’évolution des cultes avec l’arrivée du christianisme).

     Cette période est l’aboutissement de trois siècles de romanisation tant en Gaule qu’en Afrique du Nord. La Méditerranée est le théâtre d’un commerce florissant et la Numidie le grenier à blé de l’Empire Romain. Les migrations qui affectent les Gaules au début du V° siècle, en particulier celle des Vandales, s’ajoutent à une dégradation climatique qui va affecter la production agricole et favoriser des épidémies. Le sentiment d’insécurité, provoqué par les désordres au sein des institutions romaines et tout particulièrement de l’armée, va faire renaitre localement des pôles nouveaux d’autorité.

     Les migrations des Vandales, accompagnés des Alains et des Suèves, en Gaule (carte ci-jointe), commence en 407. Pendant deux ans ils sillonnent le territoire en évitant, selon les informations actuellement disponibles, le Massif Central. Les relations avec les populations autochtones causent de graves désordres probablement meurtriers dans une population déjà fragilisée comme sus-évoqué. En 409 les tribus passent en Espagne où ils s’installent jusqu’en 429, année durant laquelle ils traversèrent le détroit en 429 le détroit de Gibraltar et commencèrent leur débarquement en Afrique.

Fig.02: L’empire romain et les grandes invasions du Ier au Veme siècle.

En Afrique du Nord, cette époque voit aussi apparaitre Augustin d’Hippone, personnalité qui va marquer son temps. Il fait de nombreux déplacements de militant chrétien en Numidie mais n’évoque pas l’Aurès selon les observations du Professeur Charles GUITTARD. Il ne peut pourtant pas ignorer ce massif dominé par les Maures  Il est Eveque d’Hippone en 430, quand les Vandales, ayant réussi à passer d’Espagne en Maurétanie Tingitane, font le siège d’Hippone. Saint Augustin meurt lors de ce siège.

            Les Vandales continueront leur périple conquérant, avec la complicité d’une partie des armées romaines dissidentes. Ils s’emparent de Carthage, capitale symbolique des provinces romaines d’Afrique, en 439 et fondent leur royaume d’Afrique et détachent l’Afrique de l’Empire romain pendant un siècle. Ils sèmeront la terreur en Méditerranée restreignant  ainsi l’activité commerciale et l’approvisionnement en blé de l’Empire romain. Rome sera également investi et pillé en 455.

            Les Gaules (Narbonnaise et Lyonnaise) sont, quant à elles, sous la pression des migrations wisigothiques dès le début du V° siècle. Après de nombreux sièges de villes les Wisigoths obtiennent le statut de « Peuple Fédéré » et s’installent en Aquitaine avec l’aval des autorités romaines. Le territoire arverne, voulant rester fidèle à Rome, est soumis à des incursions répétées dont le siège de la capitale Augustonemetum, actuellement Clermont-Ferrand, entre 472 et 475. Cette époque révèle un lyonnais, Sidoine APOLLINAIRE,  marié avec une des filles d’AVITUS, aristocrate clermontois et empereur  romain d’Occident en 455 (règne de 6 mois) avec le soutien des Wisigoths. Il sera Evêque de Clermont à partir de 470. Ses écrits, quasiment uniques à cette époque,  nous éclairent sur la vie urbaine et un domaine champêtre à Aydat (Annick STOEHR-MONJOU). Il gérera le siège de la ville par les Wisigoths et le passage du territoire arverne sous leur tutelle suite à l’abandon des autorités romaines. Il est probable que le rempart primitif de Clermont, un des plus petits des Gaules,  ait un lien avec cette époque tragique (édification à partir de monuments ruinés ou détruit en qualité de lieux de culte païens sous la pression de la nouvelle religion chrétienne).

            Malgré toutes les perturbations les Gaules et les provinces romaines d’Afrique continuent à vivre. Entre les séquences migratoires et les difficultés alimentaires, les deux étant souvent liés, la population, même en effectif réduit, continue à vivre parfois dans d’excellentes conditions dans les grands domaines ruraux. L’archéologie (Frédéric TREMENT) révèle ainsi de nombreuses villae et domaines, où séjournaient les aristocrates, entourés de leurs serviteurs et de leurs mercenaires. C’est tout spécialement le cas en Gaule du sud et chez les Arvernes, ces derniers ayant eu le privilège de ne connaitre de graves difficultés migratoires directes qu’avec les incursions des Wisigoths après 450.

            En Numidie la domination Vandale est marquée par des luttes d’influence religieuse entre les donatistes, les chrétiens ariens et romains sur fond de lutte entre les Vandales et les Maures.

            En 533, les légions de l’Empire Romain d’Orient, débarquent en Afrique et écrasent les armées vandales et leurs alliés autochtones. En 535 Justinien décréta une loi dans laquelle il interdisait tout culte aux donatistes, juifs, ariens, païens…etc.  L’autorité romaine reprend pied à Carthage. Après la défaite et la dispersion des Vandales, la préoccupation des autorités byzantines s’attache à la défense des térritoires reconquis avec une architecture et un maillage militaires protégeant les terres riches (Salim DRICI).

            Les tribus refoulées au cours du Haut Empire ont été autorisées à revenir sur leurs terres d’origine. Les problèmes religieux s’apaisent et une certaine prospérité économique réapparait avec l’exploitation des terres et la reprise du commerce en Méditerranée orientale.

      Cette époque de l’Antiquité Tardive, traité par mépris parle passé, se révèle avec ses alternances de troubles et d’apaisement. L’habitat se redistribue selon de nouvelles dispositions. Villes et domaines ruraux s’adaptent alors aux conditions de vie. Des remparts apportent un refuge aux populations urbaines pour contrer les attaques des pillards. À Clermont un Vicus Christianorum s’installe dans le quartier Saint Alyre, en bordure de la Tiretaine Nord, avec le siège de l’évêque et les premiers lieux de culte chrétiens (Bernard CLEMENCON).  Les domaines ruraux s’installent à l’écart des grandes voies (cf.carte de Peutinger), axes de divagation de ces mêmes bandes destructrices. Le retour à la construction en terre et en bois marque l’urbanisme de cette époque, à la ville et en zone rurale,  avec une simplification des aménagements. Certaines riches demeures comportent encore des aménagements de confort (thermes) et se parent de décors somptueux (mosaïques, peintures murales,…). L’éloignement des villes insalubres est l’apanage de la classe dirigeante, les esclaves et le restant de la population se trouvant soumis à toutes sortes de dominations, prélude de la féodalité.

Fig.03: Carte de Peutinger

Le foisonnement littéraire et juridique (compilation des textes anciens et codification, droit romain) marque aussi cette époque (Max VEGA-RITTER). De nombreux écrivains, souvent des dignitaires chrétiens (principalement des évêques) livrent des informations sur ce qu’ils voient dans leurs déplacements au contact des populations. C’est le cas de Procope de Césarée pour les provinces romaines d’Afrique et Grégoire de Tours pour celles de la Gaule. Les faits historiques évoqués dans leurs écrits ne sont pas toujours confirmés par les recherches archéologiques. Il est vrai que les traces matérielles laissées par les implantations humaines de l’époque ne sont pas faciles à déceler.

            Les fouilles préventives conduites actuellement dans nos deux pays apportent des résultats chaque jour plus significatif avec l’évolution des méthodes et grâce à la coopération internationale dans ce domaine. Les fouilles en cours de réalisation pour l’opération d’extension du Métro d’Alger (François SOUQ) est un bel exemple de coopération binationale. Les résultats contribuent à éclairer l’histoire de cette ville avec son urbanisme romain caractéristique, les perturbations survenues avec l’invasion des Vandales et une réoccupation postérieure en cours de traitement. A Lyon et Clermont-Ferrand d’importants travaux de réorganisation des villes ont permis des recherches dont les résultats viennent alimenter une connaissance chaque jour plus précise, offerte à tous par une vulgarisation de plus en plus médiatisée de l’histoire de nos ancêtres (Alain BOUVIER).

Clérmont Ferrand 30/01/2017

      Younes REZKALLAH

(AFA, Université de ParisI)

 Jean-Claude CLAVAL

(AFAPA)

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Intervention de Lokmane Benchikh, poète constantinois

Mon parcours à travers le temps et l’espace….

 Je suis né un 19 Février 1940, sous le signe astrologique du verseau et au début de la seconde guerre mondiale dont les avions de combat, en volant presque à ras du sol, au dessus de mon village natal, accompagnèrent souvent mes cris et mes larmes… Cela donna à ma vie un objectif et un sens. Servir la Paix et les Hommes…

 Je suis né dans un village qui porte le nom d’un saint, Sidi Khalifa, dans la commune de plein exercice de Ain Tinn, la Source du Figuier, appelée aussi, comme sa jumelle alsacienne, Belfort, à une quarantaine de km de Cirta et à quelques encablures de Milev, Mila, l’ancienne ville romaine.

 Je suis né au pays des Sraouates, le pays des collines céréalières, pays du blé et de l’orge, au milieu des chants et des danses. Au milieu des mots et des contes……

Je suis rentré à l’école coranique, الـكـُـتـاب, Al-koutab, dès l’âge de 3 ans. Lorsque j’ai rejoint l’école indigène de mon village, à l’âge presque de 8 ans, je savais déjà écrire en langue arabe et avais appris par cœur bien des sourates et bien des versets. Mon imaginaire était déjà développé, voire formaté, prêt à toutes les audaces, à toutes les aventures humaines. Les plus sacrées et les plus nobles.

 C’est en 1950, date à laquelle mes parents émigrèrent à Constantine, que je suis rentré à l’Ecole Française, en l’occurrence  l’Ecole Diderot, où j’ai passé trois années : le Cours Moyen 1ère Année avec Mr Bonneval, le Cours Moyen 2ème Année avec Mr Sebaa et le Cours Supérieur avec le directeur, Mr Gémini. Je garde de ces trois instituteurs, le meilleur des souvenirs… Chacun à sa façon, a laissé en moi son empreinte. En 1953, j’ai rejoint le Collège Moderne de Garçons, au Coudiat… Parallèlement aux cours de français, je suivais, le soir, les cours d’arabe, à la médersa Attarbia wa Taalim, avec notamment Cheikh Salah Boudraa, un résistant de la première heure, un Chahid el Watan. Il m’a  ouvert les yeux sur bien des réalités et enseigné la tolérance…

 J’ai été successivement, et ce dès l’âge de 19 ans, instructeur, instituteur, maître d’application, rattaché à l’Ecole Normale, puis professeur de collège. J’ai enseigné tour à tour la langue française et la langue arabe, l’histoire et la géographie.

 J’ai repris, plus tard, mes études universitaires, d’abord à Constantine, à l’Université Mentouri, puis à l’Université Paul Valéry,  à Montpellier,  en France.

 J’ai enseigné à l’Université de Constantine et j’ai exercé, parallèlement, des fonctions pédagogiques ou administratives; d‘abord en qualité de  Directeur d’Institut (l’équivalent de Doyen de Faculté) puis de Vice-Recteur (l’équivalent de Vice-président d’Université).

 Parallèlement à l’Enseignement et aux Etudes, j’ai été animateur de jeunes, amené à former des cadres de centres de vacances, ainsi que des normaliens, au sein d’un grand mouvement d’Education Nouvelle, l’Association Internationale des CEMEA (Centres d’Entraînement Aux méthodes d’Education Active), et de l’AACEMEA, l’association algérienne des CEMEA, dont j’ai été Délégué Régional.

 En 1988,  j’ai rejoint l’Ecole Normale Supérieure de Constantine où j’ai exercé la fonction de Directeur adjoint, chargé de la Pédagogie.

 J’ai également  été membre (fondateur, actif ou simple adhérent) de quelques associations dont notamment ‘’Les Amis du Musée Cirta’’, l’association ‘’Oncologica’’ contre le cancer, l’association ‘’Dounia‘’ des enfants hospitalisés, le ‘’Lions Club,Constantine   Doyen ’’ dont le maître mot est « We serve »…

 Je me suis marié en 1967. J’ai trois enfants et trois petits-enfants. Je suis veuf, depuis 1993.

 Actuellement, je suis retraité, (après 40 ans de labeur ininterrompu), mais pas inactif, puisqu’en plus des cours d’arabe et de Français, que je dispense, ici et là, je taquine la Muse et accompagne mon ami Mohamed Azizi, le patron du café-restaurant El Haouzi, par quelques poèmes, dans les deux langues.

 Que dire de plus, sinon que la vie est belle, et que la poésie l’est encore plus, puisqu’elle est un cri d’amour, ou, comme le dit si bien Georges Jean, « une libre promenade au pays de la beauté dans un monde qui se déshumanise ».

 Un  cri que je m’évertue à pousser depuis ma plus tendre enfance, pour dire mon amour de la vie et de la race humaine dont nous faisons partie, quelle que soit la couleur de nos yeux (les miens sont bleus)ou de nos cheveux(les miens sont châtains), la forme de notre nez ou de notre bouche, notre taille ou notre poids, histoire de rire et de sourire en écoutant Mohamed Azizi chanter  dans son fief d’El Haouzi et m’accompagner souvent quand je déclame un poème…

 Justement en voici un, dont le titre est une invite, à plus d’amour, pour le pays qui nous a vus naître et qui, quelles que soient les vicissitudes de l’Histoire, vit dans nos cœurs et accompagne nos larmes. Avec toute mon amitié à tous

Lokmane Benchikh-Lehoccine

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*~*  INVITATION  *~*

L’AFAPA vous présente ses Meilleurs Vœux pour vous et vos familles, que 2016 apporte la paix et poursuive le rapprochement entre nos deux peuples.

La Présidente Mireille Lacombe et les membres fondateurs de l’Association France-Algérie Pays d’Auvergne vous invitent à assister à la conférence qu’ils donneront le :
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 25 JANVIER 2016 dans l’amphithéâtre de l’IADT 51 Bd François Mitterrand – 63000 Clermont-Ferrand de 18 H à 20H, 

avec Max Vega Ritter professeur émérite de l’Université Blaise Pascal, sur le thème : « Quelques figures de la littérature algérienne aujourd’hui » : Assia Djébar, membre de l’Académie française récemment disparue, Waciny Laredj, grand romancier arabophone contemporain et Kamel Daoud sélectionné pour le prix Goncourt 2015 pour son roman « Meursault contre-enquête ». Ces écrivains seront abordés à travers leurs œuvres afin de mettre en lumière les problématiques tragiques qui étreignent leurs lecteurs, d’Algérie, de France et d’ailleurs dans le monde, tant leurs préoccupations sont au cœur du monde moderne.
Cette conférence sera précédée d’un hommage à notre ami Lounès Ramdani fondateur et directeur du site « Littérature Algérienne » depuis 2000, sur lequel il avait, tous les jours depuis sa fondation, relevé toutes les publications en langue arabe, tamazight ou française dont il avait pu avoir connaissance sur la littérature Algérienne.
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https://www.facebook.com/assofrancealgerie

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L’exposition  » Dessins de Presse France Algérie »

présentée par l’AFA à la bibliothèque de France avait pris à cette occasion le chemin du Casino de Royat pour y être présentée dans le cadre de cette semaine d’amitié.
http://lejournaldeleco.fr/evenement/2e-semaine-de-lamitie-france-algerie‏/#.VRkmNuFlSuo

 

A la manière de Paul Eluard

Algérie mon amour


 


            1

Sur le sable du désert

Sur les vagues de la mer

Sur l’odeur de nos terres

J’écris ton nom

2

Sur les cimes de nos montagnes

Sur les toits de nos bagnes

Au pays de cocagne

J’écris ton nom

3

Sur les rêves de l’enfance

Sur nos plus belles romances

Sur nos peines et souffrances

J’écris ton nom

4

Sur la mère qui pétrit

Sur l’enfant qui sourit

Sur cette terre qu’on chérit

J’écris ton nom

5

Sur les fleurs alysson

Sur les touffes de buisson

Sur les doux calissons

J’écris ton nom

6

Sur le gris des nuages

Sur l’éclair et l’orage

Sur le vert des bocages

J’écris ton nom

7

Sur l’aube qui se lève

Sur la tête pleine de rêves

Sur la mousse et la sève

J’écris ton nom

8

Sur le thym et l’oseille

Sur le rouge des groseilles

Sur le flot des merveilles

J’écris ton nom

9

Sur nos plaines sur nos vallées

Sur nos pentes sur nos allées

Sur nos tentes sur nos chalets

J’écris ton nom

10

Sur le rêve assassiné

Sur l’espoir qui renaît

Sur le mont des genêts

J’écris ton nom

11

Sur le lys sur le lilas

Sur le do ré mi et le fa sol la

Sur le marbre de Filfila

J’écris ton nom

12

Sur les chemins qui montent

Sur le Djurdjura et ses contes

Sur ses neiges en fonte

J’écris ton nom

13

Sur nos champs d’olivier

Sur les branches du figuier

Sur les feuilles de laurier

J’écris ton nom

14

Sur la ligne d’horizon

Sur les tranches de gazon

Sur le coeur sur la raison

J’écris ton nom

15

Sur les anses de l’anaphore

Sur l’allégorie et la métaphore

Sur les Bibans sur les Babors

J’écris ton nom

16

Sur nos tisons sur nos couleurs

Sur nos saisons sur nos saveurs

Sur nos maisons sur nos valeurs

J’écris ton nom

17

Sur les sons sur les images

Sur l’élégance des ramages

Sur les tons du plumage

J’écris ton nom

18

Sur la barque qui avance

Sur la somme de nos carences

Sur le navire en partance

J’écris ton nom

19

Sur la terre sur la lune

Sur nos chants en sourdine

Sur l’espoir qui piétine

J’écris ton nom

20

Sur la source non tarie

Sur l’eau douce qu jaillit

Sur la brise qui frémit

J’écris ton nom

21

Sur l’envol des oiseaux

Sur le murmure des ruisseaux

Sur la coque des vaisseaux

J’écris ton nom

22

Sur les airs qu’on aime

Sur les vers qu’on sème

Sur les rimes d’un poème

J’écris ton nom

23

Sur nos hectares de terre aride

Sur nos joues peuplées de rides

Sur nos rêves parfois stupides

J’écris ton nom

24

Sur un morceau de coton

Sur une paire de tétons

Sur un brin de soupçon

J’écris ton nom

25

Sur le sucré et sur l’amer

Sur le métal et le verre

Sur le cristal et le fer

J’écris ton nom

26

Sur le vent des Aurès

Sur nos femmes en laisse

Sur leurs cheveux en tresse

J’écris ton nom

27

Sur le printemps en fleurs

Sur nos filles en pleurs

Sur leurs peines et malheurs

J’écris ton nom

28

Sur le mont Ahaggar

Sur nos visages un peu hagards

Sur nos sourires un peu ringards

J’écris ton nom

29

Sur les fresques du Tassili

Sur la route du rallye

Jusqu’au Niger jusqu’au Mali

J’écris ton nom

30

Sur l’amour sans saveur

Sur la vie sans lueurs

Sur la haine et ses horreurs

J’écris ton nom

31

Sur nos habits d’Arlequin

Sur les traces des requins

Sur nos pièces de brodequins

J’écris ton nom

32

Sur la paix sur  la guerre

Sur nos salaires de misère

Sur les rayons de lumière

J’écris ton nom

33

Et par le pouvoir d’un joli mot

Qui donna sens à ma vie

Je suis né pour te connaître

Et pour te servir Algérie

 

 

Benchikh-Lehocine Lokmane


 

 

 

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