Entretien dessiné avec Valère : « Quand l’AFA m’a proposé de travailler sur les rapports entre la France et l’Algérie [...] Je me suis dit, …! »

Entretien dessiné mené par Malha Bentaleb, membre d’AFA jeunes

Exposition

« France-Algérie, dessins de presse »

BnF

21 mars au 24 juin 2012

 

Valère : « Quand l’AFA m’a proposé de travailler sur les rapports entre la France et l’Algérie, liés par la colonisation, la guerre, les tabous, l’absence de repentance…. Je me suis dit, youpi! Voilà un sujet qui remue les sens, les émotions, l’Histoire! Et en fait, je me demande surtout quand est-ce que mon pays va accueillir son Histoire comme Zidane sur les Champs-Elysées? Dur, dur de se pencher sur un vieux couple qui n’ose pas se regarder en face. »

Née dans une boutique farces et attrapes, Valère avala par mégarde des confettis et s’étouffa avec un crayon qui passait par là. La nostalgie s’installant avec l’âge, elle glana tout ce qui lui permit d’en savourer l’odeur et la matière: papier, ciseaux, cailloux,…Comme l’homme de Cro-Magnon avec ses silex, elle comprit qu’elle pouvait en faire autre chose que de les collectionner comme un castor débile : écrire, dessiner, danser sur le papier.

 

1.      AFA : Pourquoi avez-vous accepté de participer à ce projet ?

Valère :

copyright Valère

2.      Que vous évoquaient les relations France-Algérie avant de travailler sur ce sujet ?

copyright Valère

3.      Quelles sont les découvertes qui vous ont le plus marqué au cours de votre travail ?

copyright Valère

 

 4.      Quand on aborde un sujet aussi sensible que ces relations, comment trouver le ton juste?

copyright Valère

 

5.      Vous êtes-vous imposé des limites à ne pas franchir ?

copyright Valère

6.      Pouvez-vous choisir l’un des dessins que vous exposez à la BNF et nous en parler ?

Ce dessin est inspiré d’une histoire vraie : 

Valère, sans titre, 2012 copyright Valère

Il illustre une engueulade de quartier qui a eu lieu dans 19ème arrondissement de Paris, entre habitants d’un immeuble et filles du quartier. Nous avons dû batailler (à 4!) pour détendre l’atmosphère entre les deux groupes. Les filles accusaient les « céfran » de  »racistes » et les « beurs » de  »faire trop de bruits ». L’homme du dessin existe vraiment et a vraiment sorti cette phrase. Par contre, c’est moi qui ai répondu que ces filles étaient françaises. 

Voilà, cette scène montre à quel point (du moins, doit le montrer) il y a un fossé douloureux, d’origine historique et sociologique, dans les rapports entre les Français « de souche » et ceux issus de l’immigration maghrébine, qui ont la palme des dénominations de toutes sortes (bicot, melon, rat, raton, arabe, gris, bougnoule, etc..). Encore aujourd’hui, on n’arrive toujours pas à les intégrer dans la culture française. Ce qui n’est pas le cas des Français d’origine espagnoles, italiennes, arméniennes, grecques, etc. La preuve, on les appelle « les beurs ». Pour certains, ce terme est « normal ». Pour moi, pas.

 7.      Avez-vous eu des retours sur les dessins exposés ? Qu’en pensez-vous ?

 

copyright Valère

  

8.      Quel regard portez-vous sur les dessins de presse en France et/ou en Algérie ?

copyright Valère

 

9.      Quels sont vos projets aujourd’hui ?

copyright Valère

  

 Un grand merci à Valère pour son excellent travail ! Vous pouvez retrouver Valère sur son blog : http://valere.over-blog.org/

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